pour Mururoa đź’Ą

Anecdote familiale maintes fois racontĂ©e d’un jeu de mot accidentel alors qu’Ă  Paris, au milieu des annĂ©es 90, j’entends Ă  la radio dans la voiture de mon père une prĂ©sentatrice annoncant la fin des essais nuclĂ©aires français dans le Pacifique. SpontanĂ©ment, plein de compassion et d'(in)comprĂ©hension, j’aurais dit Ă  ma grand-mère :

Mais… les bombes Ă  Tomik… Pourquoi ils lui lancent toujours des bombes sur la tĂŞte Ă  Tomik ? Pauvre Tomik… C’est pas juste ! Oh… Et mon père qui a votĂ© Chirac !

Alexandre, pas tout Ă  fait six ans

Sur le fond bien sĂ»r, je souscris encore Ă  cette analyse instinctivement anti-nuclĂ©aire et mĂ©fiante de la droite française et de la parole d’Ă©tat en gĂ©nĂ©ral. L’amorce de mes recherches amateures sur les diffĂ©rents aspects du nuclĂ©aire civil et militaire en France et au Canada m’Ă©veille plus encore aux risques et abus terribles de cette Ă©nergie Ă©troitement associĂ©e Ă  une idĂ©ologie d’une puissance de crĂ©ation-destruction Ă©norme. Au coeur de l’expertise et des intĂ©rĂŞts de quelques ami.e.s et membres de la famille, la discussion Ă©clairĂ©e et l’exploration lucide de ces enjeux reste Ă  faire sur un temps Ă©tendu, au moins aussi long que celui de la demie-vie des rĂ©sidus radioactifs.


From 1966 to 1996, Mururoa and its sister atoll Fangataufa were the site of 175 French nuclear tests. 41 atmospheric detonations were held at the Mururoa Atoll, the fallout from which was measured as far away as Peru and New Zealand. France continued its atmospheric testing at Mururoa despite have being issued an order to cease testing from the International Court of Justice.

New Zealand’s Prime Minister Norman Kirk’s response was to send two frigates, the HMNZS Otago and Canterbury, to draw international attention to the France’s atmospheric detonations in the Pacific. Cabinet Minister Fraser Colman was selected by ballot to be the government’s representative. The HMNZS Otago sailed out on the 28th June, reaching Mururoa in time to witness the first test. Due to mounting international pressure stemming from this protest, France chose to conduct its nuclear testing underground from this point on.

New Zealand continued to strengthen its anti-nuclear stance, which generated political friction and economic sanctions from the United States and France respectively. In 1984 Prime Minister David Lange barred nuclear powered or armed ships from entering New Zealand waters. With the passing of the New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act 1987, New Zealand territorial waters, sea and land are to be free from nuclear armed or powered vessels; the dumping of radioactive materials is illegal, as is the production of nuclear devices.

The caption for the photo reads “Met Baloon(sic) release from HMNZS Otago this day. Baloon(sic) is tracked by radar and indicates direction and speed of wind up to twelve miles high. “; 1973

Centre d’expĂ©rimentation du Pacifique (1966-1996)

En juillet 1985, Greenpeace envoie son navire-amiral, le Rainbow Warrior, Ă  plusieurs reprises dans la zone militaire interdite. La DGSE envoie une Ă©quipe de nageurs de combats couler le bateau dans la baie d’Auckland. L’opĂ©ration fait un mort chez Greenpeace et dĂ©clenche un scandale international.

En 1995, Ă  la suite de l’annonce de la reprise des essais nuclĂ©aires, Greenpeace dĂ©pĂŞche Ă  deux reprises son navire amiral Ă  Mururoa. Il sera Ă  chaque fois arraisonnĂ© par les nageurs de combat du commando Hubert. Lors de ces deux tentatives, des groupes de zodiacs parviennent toutefois Ă  pĂ©nĂ©trer dans le lagon.

Depuis janvier 1994, dans le cadre de la ConfĂ©rence du dĂ©sarmement des Nations unies, des nĂ©gociations ont Ă©tĂ© conduites en vue de la conclusion du TraitĂ© d’interdiction complète des essais nuclĂ©aires. En 1994, le prĂ©sident François Mitterrand dĂ©cide le dĂ©veloppement du programme Simulation par la Direction des applications militaires du CEA. Ce programme doit permettre Ă  la France de garantir la sĂ»retĂ© et la fiabilitĂ© des armes de la dissuasion, fondĂ© sur le calcul. Il est financĂ© par le ministère de la DĂ©fense et doit durer 15 ans.

En mars 1996, la France signe les protocoles du traité de Rarotonga (création d’une zone dénucléarisée dans le Pacifique Sud).

Le 24 septembre 1996, la France signe le TraitĂ© d’interdiction complète des essais nuclĂ©aires et commence immĂ©diatement Ă  dĂ©manteler le Centre d’expĂ©rimentations du Pacifique.

Le 2 octobre 2018, une plainte est déposée devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l’humanité en raison des essais nucléaires expérimentés en Polynésie française.


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TV grab showing the wave resulting from France’s third nuclear test in the series decided by French President Jacques Chirac, at the Mururoa atoll 27 October 1995. France detonated a third atomic bomb, at the Mururoa atoll, Friday at 22:00GMT. The bomb’s power was under 60 kilotons and was detonated to insure the safety and reliability of the weapons, according to a French Ministry of Defence press release. Photo by HO SIRPA / AFP

L’hĂ©ritage empoisonnĂ© de la bombe atomique

À elle seule, la France effectue 46 essais nucléaires «aériens», en Polynésie, de 1966 à 1974. Les responsables répètent toujours qu’ils sont «sans danger». En oubliant de préciser qu’une directive de l’armée interdit de prévenir les militaires et les civils des risques encourus.14

À chaque explosion, des avions s’approchent du champignon atomique pour faire de l’observation. Le soldat Jean-Pierre Masson raconte au Monde comment les appareils étaient nettoyés à leur retour. Sans la moindre précaution. «Le plus souvent, on était en maillot de bain et on rinçait les avions à grands jets d’eau, exactement comme on l’aurait fait s’il avait fallu laver [n’importe quels] véhicules […]»

Aujourd’hui, Jean-Pierre Masson se dit en bonne santé. […] Mais il précise que la plupart des pilotes des avions sont morts.15 Les pauvres ne comprendront jamais ce que le ministre des Armées, Pierre Messmer, voulait dire lorsqu’il expliquait que «de toutes les morts, la mort atomique est la moins chère»

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File:Logo iso radiation.svg

This place is a message… and part of a system of messages …pay attention to it!


Sending this message was important to us. We considered ourselves to be a powerful culture.
This place is not a place of honor … no highly esteemed deed is commemorated here… nothing valued is here.
What is here was dangerous and repulsive to us. This message is a warning about danger.
The danger is in a particular location… it increases towards a center… the center of danger is here… of a particular size and shape, and below us.
The danger is still present, in your time, as it was in ours.
The danger is to the body, and it can kill.
The form of the danger is an emanation of energy.

The danger is unleashed only if you substantially disturb this place physically. This place is best shunned and left uninhabited.

Message et pictogramme d’avertissement de longue durĂ©e sur les dĂ©chets nuclĂ©aires.



L’enquĂŞte en ligne Moruroa Files et le livre Toxique (2021)
Fruit d’une collaboration inédite entre un scientifique expert du nucléaire, un journaliste du média d’investigation Disclose et INTERPRT, un collectif d’architectes spécialisés dans l’analyse criminalistique, ce livre met au jour ce qui a longtemps été caché au public : les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires français en Polynésie.

Monica Émond, Âge atomique et devoir de mémoire, 2012.

Emond-Monica-Âge-atomique-et-devoir-de-mémoire-2012

Avec l’ex-Congo belge, les mines d’uranium des Territoires du Nord-Ouest ont procuré une autre source de matière première pour la mise au point de bombes américaines dont plusieurs ont été testées au Pacific Proving Ground duquel faisaient partie les Îles Marshall jusqu’à la signature du Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires par les Etats-Unis en 1963.