french tek I

Joie de constater à distance une Techno Parade 2019 bien plus visiblement politisée que les années passées. La convergence gabber / gilets jaunes, hardcore / anti-flics, trance / street-medics me ravit. La présence de plusieurs chars de free parties et celle, inmanquable, du collectif pour la mémoire de Steve Maia Caniço, sont des évènements de l’histoire des luttes et de la culture en France. Noyé des suites d’une intervention policière meurtrière lors d’une fête sur un quai, Steve demeure à ce jour l’épitôme de la convergence nécessaire et déja active de la musique et des luttes sociales.

Qu’est-ce que je veux dire et faire sentir du retour inévitable, éternel, du politique dans le festif? Exprimer l’opposition de la French Tech des marcheurs macronistes, pseudo-technologistes et technophiles capitalistes, versus la French Tek des danseurs activement techno, surtout sa frange techno-critique, décroissante, militante.

We Love Green vs Tek’Steve’All, deux évènements aux antipodes pourtant décrites par certain.es. comme festivals de musique électroniques, concert techno, rassemblement musical progressif et niaiserie du même acabit. Des fêtes. Des teufs. Un monde qui peut en séparer certaines. Si tu dois absolument acheter à l’avance ton billet en ligne, que l’on te remet un bracelet une fois le tarif (élevé) est réglé, ou qu’une forme de sécurité contrôle et valide ton entrée, c’est déja de trop précieux degrés de liberté perdus. Évidence du masque à gaz comme accessoire de raver cyberpunk aussi prêt à servir dans le réel des fumigènes policiers, du soundsystem comme moyen d’organisation de foules volontairess et solidaires. Les warehouses et les champs, les caves et les clubs comme premiers horizons.



Re Volt 8 months ago (edited) Moment mémorable tellements de souvenirs. A la mémoire de Steve parti trop tôt. Qui cherchais juste a danser le plus paisiblement entouré des siens on oublie pas on continue de danser pour toi!

RADICAL Rédemption 8 months ago “À la mémoire de Steve” repose en paix frérot

Greg colombier 2 days ago sa race, chui entre 2 eaux , triste pour steve ( je savais pas ) et aussi la magnifique beauté de la capture du tekos, c hyper bien monté, le son déglingle, les vues sont magnifiques, pffiou , j’aurai aimé y être. arf , ça dépote… ( big up d’un vieux teufeur ki a ” accueilli spiral tribe en 90 )

Pirate Détraqué 8 months ago 👍 ❤ 4 u Steve ❤ NI oubli NI pardon! RAVE ON 4 EVER 🔊🔊

Brian Ventura 6 months ago On continu de tapé du pied pour toi Steeve, et ceux jusqu’à notre mort bonhomme 🎵 rave on.


A toutes celles et ceux qui se demandent pourquoi une telle volonté de faire la fête pour ce nouvel an, la réponse tient en quelques mots : une année de tristesse, d’anxiété et de privations. La détermination dont a fait preuve le public pour accéder à la fête n’est que la manifestation d’un désir profond de lâcher-prise. Ces espaces de liberté sont inhérents à nos sociétés depuis la nuit des temps. C’est un besoin inaliénable pour nombre d’entre nous.

Pourtant, la jeunesse, la fête et la culture sont montrées du doigt tous les jours. Nous serions les bourreaux irresponsables de nos ainé·e·s et des plus fragiles, grands vecteurs de la propagation du virus. Face à cette culpabilisation incessante, la jeunesse se retrouve réduite à ne voir qu’un obscur brouillard comme seule perspective. Et après le Covid, le climat !

Lieuron : les non-repentis de la rave party du Nouvel An

Nous n’acceptons donc pas que seuls les intérêts économiques puissent passer outre les précautions sanitaires, encore davantage lorsque le malaise créé par l’absence d’espaces de culture et de sociabilisation engendre de graves conséquences sur la population. Nous comprenons que cela puisse être choquant. Nous avons tous et toutes dans nos proches une personne à risque et nous tenons aussi à les protéger. Mais il faut entendre qu’il existe aussi des vies déséquilibrées par cet état de morosité ambiante et d’isolement constant. La consommation d’antidépresseurs a considérablement augmenté. Les instituts psychiatriques sont saturés. Nombre de gens ont perdu leur emploi. Beaucoup ne supportent pas ce climat anxiogène et des alternatives socioculturelles sont nécessaires. Pourtant quasiment rien n’est fait de ce côté-là. Ni pour soigner ni pour prévenir.

Passage dérobé pour les piétons

Nous avons donc répondu à l’appel de celles et ceux qui ne se satisfont pas d’une existence rythmée uniquement par le travail, la consommation et les écrans, seul·e·s chez eux le soir. Notre geste est politique, nous avons offert gratuitement une soupape de décompression. Se retrouver un instant, ensemble, en vie.

Il aura suffi qu’une bande de ravers enthousiastes osent dire non à un ordre de dispersion pour que fusent les balles de défense et que les gaz lacrymogènes envahissent Lieuron, en Ille-et-Vilaine. Quelques heurts ont éclaté en réponse aux pressions policières, le temps d’ouvrir un passage dérobé par-derrière pour les piétons. Une immense joie retrouvée et un sentiment partagé de soulagement se sont fait sentir dès que le reste du public a pu accéder à la fête. S’ensuivirent diverses scènes de liesse où l’on put même apercevoir des riverain·e·s, des pompiers et des fêtard·e·s célébrer ensemble la fin de cette terrible année !

Ce fut une belle bringue

Nos services d’Etat étant plus prompts à réprimer qu’à secourir, il est logique qu’ils aient dépêché près de 200 gendarmes armés pour empêcher la tenue de cet événement. Mais, si le danger était si grand, pourquoi n’avoir envoyé sur place un dispositif sanitaire qu’après la fin ?

Dès les premières communications, nous avons donné une place primordiale à la prévention sur le Covid. Des consignes strictes de dépistage et d’isolement ont été données en amont, à l’entrée, pendant et après. Quelques milliers de masques et des dizaines de litres de gel étaient distribués à l’entrée et disponibles en libre-service. Avec l’aide précieuse de l’association Technoplus, les adresses de centres de dépistage ainsi que de nombreuses autres informations liées aux pratiques festives en temps de pandémie ont été communiquées aux participant·e·s. Le choix du site s’est fait en calculant les volumes d’air et l’aération, conditions principales pour réduire au maximum les risques de contamination.

Rave-party de Lieuron : l’Etat démuni face à l’appel de la fête ?

Quant à la fête en elle-même, que dire si ce n’est que ce fut une belle bringue. Des couleurs, des sourires, de l’amour, du partage, de la musique, des lumières. Une ardeur commune de vivre. Un instant recouvré de liberté. Suite aux menaces d’évacuation par la force, nous avons fait le choix de partir dans la nuit, afin d’éviter que la violence d’Etat ne vienne ternir ce souvenir désormais indéfectible.

«Activement recherché·e·s»

1 650 amendes. La seule réponse qu’a apportée l’Etat à cette lueur d’espoir a été de frapper au portefeuille une jeunesse pourtant déjà durement touchée par la crise économique. De les catégoriser publiquement comme «2 500 délinquants». Pire, pour ne pas perdre la face, deux participants lambda furent immédiatement arrêtés. Tout simplement parce qu’ils étaient en possession, pour l’un d’un instrument de musique électronique et pour l’autre d’une petite sono avec platines ainsi que d’un groupe électrogène de faible puissance. Eléments forts sympathiques pour une soirée chez soi mais inutiles pour une telle fête. Ces personnes furent donc humiliées et terrorisées pour une simple opération de communication.

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Dans sa triste obsession de vouloir à tout prix envoyer un message d’autorité, l’Etat n’a pas hésité à engager de lourdes poursuites. Un maximum de chefs d’accusation furent alignés les uns à la suite des autres pour bien montrer la gravité de la réponse donnée. Nous, organisateurs et organisatrices, sommes dès lors «activement recherché·e·s», des termes habituellement réservés aux pires criminels. On voudrait donc nous voir incarcéré·e·s et décourager toute velléité de dissidence culturelle collective, quelles que soient les dispositions prises. Pourtant nous offrons ces fêtes par passion, à prix libre pour tenter de couvrir une petite partie des frais engendrés. Bien souvent, la seule chose que nous récoltons en retour, ce sont des emmerdes.

Mais ces fêtes sont un vecteur d’espoir et de cohésion sociale pour des centaines de milliers de jeunes, de toutes classes et de toutes origines. Elles sont ce qu’elles sont, mais elles sont surtout le reflet de toute une partie de notre société que nos gouvernant·e·s ne pourront éternellement continuer d’ignorer. Ainsi, en ces temps si troubles, nous sommes fièr·e·s d’avoir pu redonner le sourire à quelques milliers de personnes, ne serait-ce que l’instant d’un «raveillon» de nouvel an !


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Basta! « C’est parce que c’est une free party qu’il faut la mater » : comment l’État chasse la jeunesse libre

« Aujourd’hui les événements sont plus revendicatifs, plus politiques. En fonction des périodes d’élection, il était de bon ton pour les politiques de taper sur la free. » « Ces fêtes ont toujours été associées à de mauvaises images, renchérit l’association Keep Smiling. Les mêmes images stigmatisantes que nous subissons tou.te.s chaque jour dans nos vies. Malgré tous ces dommages, cette culture intergénérationnelle a su puiser dans son activisme et son énergie pour nous offrir de très belles fêtes. »

HERETIK

04:40 Un fonctionnaire de police révèle son travail de surveillance du milieu des ”fanatiques de la musique techno” 🙂
01:29:12 : parallèle entre Benny Levy, célèbre militant de la gauche prolétarienne, et Padcash, légendaire organisateur de fêtes underground parisiennes, et leur évolution au courant des années 90 vers une vie dédiée à l’étude des textes hébraîques.



Transe, musique, liberté, autogestion. Une immersion de douze ans dans le monde des free parties et des teknivals. Par Guillaume Kosmicki (2008)

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Goa aux portes des métropoles. Communautés transnationales et musique techno. Par Éric Boutouyrie (2008)

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