antinucléaire ☢️ canadien

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Alors que l’Europe est le théâtre d’une guerre sans merci, les Alliés s’inquiètent des avancées scientifiques des Allemands. Les Britanniques veulent prendre de vitesse Hitler et les physiciens du IIIe Reich. L’Angleterre étant trop proche de l’ennemi, c’est à Montréal qu’ils décident d’implanter en catimini un laboratoire de recherche nucléaire. En y déménageant leurs meilleurs scientifiques, ils ont en tête deux objectifs: mettre au point une bombe surpuissante et trouver une nouvelle source d’énergie. La collaboration avec les Américains se transforme en une course à l’atome, alors que le projet Manhattan est lancé par ces derniers.

Montréal et la bombe fait revivre cette saga palpitante pendant laquelle des scientifiques européens ont bâti un laboratoire stratégique dans le plus grand secret, au sein de l’Université de Montréal. De grandes figures de la physique moderne, des chimistes audacieux et des espions gravitent autour de cette histoire. Tous avec une seule idée en tête : dompter l’atome pour le meilleur et pour le pire.

Édition du Septentrion

L’héritage empoisonné de la bombe atomique

Financement par Ottawa des futurs réacteurs nucléaires

2020/11/18 | Par Coalition

Des groupes de partout au Canada ont dénoncé ce matin la décision du gouvernement fédéral de financer la mise au point de petits réacteurs nucléaires modulaires (PRM) encore expérimentaux. Ottawa devrait plutôt investir dans les énergies renouvelables et dans l’efficacité énergétique qui sont bien plus utiles pour régler la crise climatique, disent-ils. 

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, lance aujourd’hui le « Plan d’action gouvernemental sur les petits réacteurs nucléaires modulaires » dans le cadre d’une conférence virtuelle de la Société nucléaire canadienne. Ce plan gouvernemental prévoit subventionner des sociétés privées (la plupart basées aux USA ou au Royaume-Uni) pour les aider à construire les prototypes de ces nouveaux réacteurs nucléaires. 

Des douzaines d’organisations, d’un océan à l’autre, soutiennent que ces futurs réacteurs nucléaires ne sont qu’une « distraction polluante et dangereuse » qui est inefficace contre la crise climatique. Parmi ces organisations il y a Greenpeace Canada, les Amis de la Terre Canada, le Ralliement contre la pollution radioactive, Équiterre, la Coalition for Responsible Energy Development in New Brunswick et le Regroupement pour la surveillance du nucléaire.

Le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert ont aussi dénoncé ce plan d’action du gouvernement sur les petits réacteurs nucléaires modulaires. En décembre 2018, une Assemblée spéciale des chefs de l’Assemblée des Premières Nations avait adopté à l’unanimité une résolution demandant « que le gouvernement du Canada cesse de financer et d’appuyer le programme des petits réacteurs nucléaires modulaires » (Résolution 62).

Dans un communiqué diffusé le 13 novembre par la députée Monique Pauzé, le Bloc Québécois a dénoncé « l’intention d’Ottawa d’investir dans l’énergie nucléaire au profit –encore– d’une filière industrielle ontarienne plutôt que de financer la transition vers l’électricité propre. Le Bloc demande l’abandon du déploiement prévu de petits réacteurs nucléaires modulaires. Le fédéral conduit le Canada vers un mur en misant sur le nucléaire comme forme d’énergie propre, ce qu’il n’est absolument pas. » 

Le porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles, Richard Cannings, a déclaré dans un communiqué : « Plusieurs Canadiens sont préoccupés des répercussions néfastes de l’énergie nucléaire. En ce qui concerne la production d’énergie, il existe d’autres voies à privilégier. Nous disposons d’options plus sûres et moins coûteuses qui seront prêtes à utiliser plus rapidement. Je pense que nous devrions appuyer le développement de solutions de stockage d’énergie pour favoriser la généralisation d’énergies renouvelables telles que le solaire et l’éolien. »

Le 10 novembre, les trois membres du caucus du Parti vert du Canada ont publié une déclaration et signé une lettre adressée au ministre O’Regan et au ministre Navdeep Bains disant que : «Les petits réacteurs nucléaires modulaires n’ont pas leur place dans un plan visant à atténuer les changements climatiques alors qu’il existe déjà des solutions plus propres et moins coûteuses. Le gouvernement fédéral doit cesser de financer l’industrie nucléaire et rediriger ses investissements vers des solutions plus intelligentes. Le nucléaire échoue à divers égards, notamment sur le plan économique. » 

La professeure Susan O’Donnell de la Coalition for Responsible Energy Development in New Brunswick affirme que : « La construction de nouveaux réacteurs nucléaires ne devrait pas faire partie d’un plan d’action contre le réchauffement climatique. Des chercheurs émérites ont démontré qu’investir dans l’énergie renouvelable est la meilleure façon d’atteindre zéro émission et qu’ajouter l’énergie nucléaire dans l’ensemble de solutions nuit plutôt que d’améliorer. »

Selon Shawn-Patrick Stensil, directeur des programmes à Greenpeace Canada, « le gouvernement libéral jette son argent par la fenêtre. On nous répète depuis quarante ans que les hypothétiques nouvelles technologies nucléaires vont tout régler et cela ne s’est jamais produit, malgré des subventions publiques massives. »

Les réacteurs qu’on nous propose sont encore sur la planche à dessin et il faudra au moins une décennie pour les mettre au point. Si on les construit, leur électricité coûtera dix fois plus cher que l’énergie éolienne ou solaire. Le projet de petits réacteurs nucléaires modulaires le plus avancé à ce jour, aux États-Unis, a vu doubler son coût, passant de 3 milliards de dollars à plus de 6 milliards de dollars.

Le gouvernement fédéral a annoncé une première subvention pour les petits réacteurs nucléaires modulaires de 20 millions de dollars à Terrestrial Energy le 15 octobre dernier.

Les députés et les groupes environnementaux sont choqués de voir le gouvernement financer un nouveau développement de l’énergie nucléaire sans examen parlementaire, tout en essayant d’éviter l’examen et le débat publics. Ils ont qualifié de « simulacre » la consultation qui a précédé le Plan d’action des PRM. Les individus et les groupes ne pouvaient commenter le plan que s’ils souscrivaient d’abord à une déclaration de principes soutenant les technologies des petits réacteurs nucléaires modulaires.

L’énergie nucléaire et les mines d’uranium seront toujours polluantes et dangereuses. Les déchets radioactifs devront être isolés de la biosphère pour des milliers d’années, et il n’y a aucune façon connue de le faire en pratique.

Financement par Ottawa des futurs réacteurs nucléaires


Arrivée de l’accélérateur à particules du laboratoire de Paul Lorrain à l’Université de Montréal, 1966.